La louve

La louve se sent perdue au coeur de sa propre forêt.
Elle pose une patte humide sur un tapis de feuilles fraîches.
Elle hume l’air boisé d’un poussée de champignons sauvages.
Elle inhale l’air avarié de la charogne qu’elle vient de dépecer.
Elle hurle à la mort, après son voisin de terrier.
La louve se sent seule, au fond d’un bois.

Puis, elle court à en perdre haleine,
Elle cavale au coeur d’une grande plaine
et elle retrouve le soleil qui sèche l’herbe
et inonde la clairière d’un souffle aveuglant,
réchauffant l’atmosphère d’une caresse moite,
et d’une nature aromatique qui craquèle sous les pattes.

La louve se retrouve au coeur de la forêt.

Quand elle retourne dans le bois,
elle redécouvre, à nouveau,
tout ce qu’elle a choisi, en réalité.
Elle retourne dans son terrier,
hume l’odeur fraîche de la nourriture,
et se blottit contre le pelage doux
de son voisin de terrier.