Une femme et un parfum

Au fond du bois, il y a une femme,
qui attend,
sereine,
qu’on lui ouvre la porte.

Elle glisse une jambe, parfumée,
en dehors de sa tanière,
et elle pose un pied,
délicat,
sur un sol de fougères.

Elle pose son propre doigt
sur ses lèvres,
et se retient de mordre
dans une fraise,
qui se tient là,
odorante,
posée,
juste à ses pieds.

Le rouge éclatant du fruit l’appelle autrement,
il lui rappelle,
en elle,
depuis les tréfonds de son âme,
un parfum,
celui d’une femme,
divine,
qui a oublié de se relever,
un matin,
est restée,
toute la journée,
langoureusement,
affalée,
dans des draps de velours,
et a rehaussé de violette,
son chemisier,
pour mieux sentir sa propre présence. 

Elle prend la main de cette femme, en rêve,
et l’invite dans sa tanière.
Toutes deux,
elles élaborent,
une toute dernière note,
celle de la tête.
Que pouvons-nous y mettre ? 

Quand soudain, l’idée arrive, éclatante,
telle un soleil,
une femme,
rayonnante,
sentant la réglisse et la fougère,
mêlant l’odeur des sous-bois à celle,
plus suave,
d’un bonbon tendre,
qui fond dans la bouche, et révèle alors
la force d’un arôme insoupçonné.

Le parfum de cette femme,
mêlant fougère, violette, réglisse et fraise des bois,
n’est pas de ceux que l’on oublie,
il est de ceux qui rappellent,
à chaque instant,
que la vie est une parade,
fantastique,
où l’on peut jouir,
d’un instant,
tout simplement.